Origine et signification des lieux-dits
de la région des Avants
Tous les lieux-dits cités se trouvent sur la carte des chemins
pédestres de la SIA
Toutes ces définitions ont été tirées du site de
Monsieur Henry Suter :
NOMS DE LIEUX DE SUISSE ROMANDE, SAVOIE ET ENVIRONS
http://henrysuter.ch/index.html
Compilation et mise en page: Jean-Marc Diserens
Adaptation web: gp
Barret |
Patois bara, « tas de pierre », gaulois *barga, «pente», gaulois *barro, « hauteur, colline, extrémité, somme », racine indo-européenne *bhares-, bhores-, « pointe ». |
Béviaux |
Soit un abreuvoir, soit un dérivé du bas latin bevium, beium, « lit de rivière, canal, ruisseau »Noms formés avec les suffixes -au, -aux, - eux : |
Bosset |
Lieu garni de bosquets, terrain couvert de buissons, taillis, fourré, buisson, petit bois, bas latin boschia, boxia, de boscus, « bois », voir aussi l'étymologie de Bois. Bas latin boschettum, boschetum, boskillo, busketus, busquetus, « bouquet de bois, bosquet, lieu très boisé ». |
Cergnaulaz |
Forêt défrichée en cercle, clairière mise en culture et clôturée. Patois cergna, cernyi, « faire périr un arbre en lui enlevant un anneau d'écorce », puis « défricher la forêt par cernes ou cercles », cerniz, « bois destinés à être cernés, arrachés », vieux français cerne, « rond ; marque circulaire formée autour de quelque chose », puis « enceinte, terrain clos », ancien français cerner, « arracher [des arbres] avec la racine », cernage, « action de cerner des bois, de les arracher avec la racine », du latin circinus, « cercle, compas », de circus, « cercle », grec kirkinos. |
Champ Avant |
Ce toponyme générique est généralement utilisé en combinaison avec un autre mot (adjectif qualificatif, adverbe, anthroponyme, etc.). Latin campus, « terrain plat, plaine, campagne cultivée, champ, terrain, territoire » |
Chenaux |
Canal, chenal, conduit creusé dans le bois qui amène l'eau aux scieries ou aux moulins, aussi couloir de montagne, combe, vallée étroite. Vieux français chinal, chenaul, ancien français chanait, chanart, chanel, chaneil, latin canalis, « canal, chenal, chéneau, aqueduc, fossé ». |
Chergne |
Forêt défrichée en cercle, clairière mise en culture et clôturée. Patois cergna, cernyi, « faire périr un arbre en lui enlevant un anneau d'écorce », puis « défricher la forêt par cernes ou cercles », cerniz, « bois destinés à être cernés, arrachés », vieux français cerne, « rond ; marque circulaire formée autour de quelque chose », puis « enceinte, terrain clos », ancien français cerner, « arracher [des arbres] avec la racine », cernage, « action de cerner des bois, de les arracher avec la racine », du latin circinus, « cercle, compas », de circus, « cercle », grec kirkinos. |
Chessy |
D'un nom de domaine d'origine gallo-romaine *Cassiacum, dérivé avec le suffixe -acum du gentilice Cassius. |
Cubly |
Le Cubly, petit sommet (1188 m) au-dessus de Chamby, et Cubly Dessous, Cubly Dessus, hameaux de la commune de Montreux (District de Vevey, Vaud), Cubli en 1906, pourraient être le lieu mentionné comme Chiblin en 1154 et Chiblino vers 1185, mais cela semble douteux. L'origine de ce nom reste donc inconnue. |
Folly |
Selon Aebischer, ces termes d'origine inconnues désignent des sommets. |
Forcla |
Petit col en forme de fourche, montagne fourchue, en plaine bifurcation de routes, habitat situé à une bifurcation, français fourche, ancien français forche, furche, « fourche », du latin furca, «fourche, bois fourchu ; instrument de supplice ». |
Gresaley |
Noms patois de baies ou arbrisseaux à baies grèjala, grèzala, « groseille », grejalley, « groseiller à maqueraux » (Ribes uva crispa L.), grejalla, gresaley, « myrtille » (Vaccinium myrtillus L.) [Aebischer]. De l'ancien français groiselle, groizelle, groselle, grozelle, probablement du francique *krusil. |
Jaman |
Alpage de la commune de Montreux, district de Vevey (Vaud), Gémant, Gément en 1340, Géman en 1402, Zamant en 1453, pourrait venir d'un anthroponyme germanique comme *Gaman [Guex], nom monté au Col de Jaman et à la Dent de Jaman, sommet, 1875m |
Jor |
Ancien mots locaux jeur, jore, joure, joux, jure, etc., désignant une forêt de haute futaie des régions montagneuses, du latin médiéval juria, jurim, joria [Chessex], bas latin juria, gaulois *jor, juris, « hauteur boisée ». Jor (Les Avants). |
Lauteret |
Autaret, hauteur, col, point le plus élevé d'un chemin ou d'une route, latin altum, « hauteur », racine indo-européenne *al-, « grandir », ou dérivé du latin altar, « autel, table du sacrifice »,occitan autar, « autel », des lieux de culte se trouvant parfois dans ces endroits. Le Col du Lautaret, dans le Dauphiné, altaretum en 1042, altareolum en 1095, altariolum en 1120, collis Altareti en 1221,
fait pencher pour la seconde étymologie, altareolum ne pouvant dériver que de altar ; toutefois, il peut s'agir d'une remotivation tardive. |
Mollard |
Grosse colline ou petite montagne arrondie, point élevé, aussi digue, levée. |
Mosses |
Terre humide, en partie marécageuse, lieu moussu, ancien français mossu, « moussu », roman mosse, « terrain marécageux, moussu », germanique *mosa, latin muscus, « mousse », mucere, « être moisi ». Français mousse, « plante cryptogame herbacée, aux tiges menues, courtes et serrées, de couleur le plus souvent verte, qui vit sur les sols, les pierres, les troncs d'arbre,etc. où elle se multiplie pour former une couche épaisse. |
Nayes |
Fondrière, marais, ancien français noe, noue, « sol gras et humide ; terrain bas inondé dans les débordements », ancien français neier, « noyer », au sens d'« inonder », bas latin noa, latin médiéval et bas latin nauda, gaulois *nauda, *naudon, « terre marécageuse humide ». La noue, ancien français noet, « endroit où se rencontrent les surfaces inclinées de deux combles », lieu marécageux en forme de gouttière,
était souvent un ancien lit de cours d'eau resté très humide. |
Nermont |
Oronyme, noir mont, noire montagne, et latin mons. Avec le patois neire, ancien français néron, « noir » : |
Nonmaye |
A l'origine, le patois maye, maya désigne une meule de foin ou de paille, voire l'aiguille de conifères destinés à la litière du bétail. Le toponyme désigne soit un endroit où s'élèvent habituellement les meules de foin, soit, par métaphore un sommet qui a la forme d'une meule. De l'ancien français moie, meule [de foin, de blé, de paille] », latin meta, « cône, pyramide ». |
Orgevaux |
Noms composés de Val et d'un premier terme qui n'est pas élucidé Un dérivé du latin horreum, « grenier » [Jaccard] est à exclure, ce terme
n'ayant rien donné dans nos régions. Un rapport avec orge, latin hordeum, semble aussi exclu,
l'orge n'ayant jamais poussé dans certains de ces endroits. Un anthroponyme germanique *Orgis [Dauzat] n'est pas attesté. Gros propose un dérivé de aureus, « doré », dans le sens de «belle vallée » sans convaincre. |
Paccoresse |
Pâturage, pacage clos ou droit de pâture. Latin médiéval pascua, pascalis, pasqualis, « pré laissé en vague pâture aux animaux », bas latin pasquerium, latin *pascuarium, pascua, « pâturage, pacage, prairie, pré », du verbe pascere, « nourrir, paître ». La Pacoresse, hameau (Les Avants). |
Peccaux |
Du latin médiéval [pratum] pascuale, « [prairie] que l'on pâture ». Peccaux, hameau (Les Avants). |
Pleigne |
Lieu relativement plat, plateau, parfois de petite dimension, aussi lieu essarté, débarrassé de sa couverture forestière par suite de l'abattage des arbres et de l'arrachage des souches, apte à être
ensemencé. En montagne, plateau gazonné. Au Moyen Age ces toponymes désignaient les fonds de vallée et les replats d'altitude, mais aussi l'espace habité et cultivé. Du latin plana, planities, « lieu plat, surface plane, plaine, pays plat, rase campagne », plana, planea, « surfaces planes, lieux plats », racine indo-européenne *pel-, pla-, « large et plat ». |
Pontets |
Pont, construction élevée d'un bord à l'autre d'une rivière, d'un ruisseau, d'un fossé pour permettre de les traverser. Du latin pons, pontis, « pont ». |
Prévondes |
Adjectif patois prévond, prévonda, « profond, profonde », du latin profundus, profunda, même sens. |
Sallauscex |
Belvédère au-dessus de Chamby (Montreux, district de Vevey, Vaud). S'il est clair que Scex signifie « rocher », il est plus difficile d'expliquer la première partie, car il ne s'agit pas d'un replat de terrain, et la construction dont il subsiste des ruines à cet endroit était une tour de guet carrée, et pas une résidence, voir Sala. Il pourrait s'agir d'un « rocher du saule » ou « rocher des saules », voir Salaux. |
Sauderan |
Alpage de la commune de Montreux, du patois tsaudeira, « chaudière ». Désigne par métaphore un endroit particulièrement chaud, ensoleillé.
Il peut aussi s'agir d'un creux prononcé évoquant |
Soladier |
Soladier, alpage, nom monté au Col de Soladier, 1576m, entre les communes de Blonay et de Montreux, en patois sor la diez, « sur la source », voir Dia. |
Verraux |
Noms dérivés de varosse, nom régional de l'aulne vert (Alnus viridis), ou de l'aulne blanc (Alnus incana). Les noms en Ver[r]- se rapportant à des lieux situés en plaine peuvent aussi dériver de verne avec assimilation de rn en r[r]. |
Un grand merci à Monsieur Henry Suter qui nous a autorisé à utiliser les
qui nous manquaient.
Références : http://suter.web.cern.ch/suter/